La parole à ... Dominique Pasquier

Directrice de Recherche au CNRS et responsable France de l'étude EU Kids Online

Qu'est-ce qui au départ a motivé l'idée de mener une enquête à  l'échelle européenne ?
Il est évident que la question des jeunes et Internet est d'une importance cruciale aujourd'hui, et ce d'autant plus que les parents se sentent souvent "débordés" par la situation. Comme on le sait, il est en réalité impossible ou presque de contrôler les usages de l'outil par les enfants. C'est une situation nouvelle par rapport aux questions de contrôle posées par les médias traditionnels. Les enjeux sociaux de l'enquête sont donc énormes et on a un besoin urgent de données empiriques à  grande échelle.

Quelle est l'importance pour la France de faire partie d'un tel projet ?
Comme l'ont déjà  montré plusieurs enquêtes comparatives, la France se distingue assez nettement des pays d'Europe du Nord, Allemagne compris. En même temps, elle ne s'aligne pas strictement sur l'Europe du Sud.
Cette position intermédiaire (en termes d'équipements comme d'usages) rend le cas français très important. Le fait que le projet Eukids Online englobe de nombreux pays d'Europe de l'Est sur la base du même questionnaire me semble aussi être un choix très prometteur. On manque de statistiques comparables sur toutes ces questions.

Quelles sont les spécificités françaises qui se dégagent ?
Il est trop tôt pour le dire, c'est le terrain qui nous le dira.